Le demi-monde

Le monde des femmes déclassées et de mœurs galantes Ce terme a été popularisé, sinon créé, par Alexandre Dumas fils, qui l'a donné comme titre à l'une de ses comédies le Demi-Monde (1855), et qui s'en attribua ainsi, quelques années plus tard, la paternité en même temps qu'il le définit :
« De même qu'on a donné au sol découvert par Colomb le nom du navigateur qui n'y est venu qu'après lui, de même on devrait donner à ce mot demi-monde, une autre signification que celle qu'il a, et ce néologisme, que j'étais fier d'introduire dans la langue française, sert à désigner par l'erreur ou par l'insouciance de ceux qui l'emploient, la classe des femmes dont j'avais voulu séparer celles-là, ou tout au moins à confondre en une seule deux catégories très distinctes et même très ennemies l'une de l'autre. Établissons donc ici, pour les dictionnaires à venir, que le demi-monde ne représente pas, comme on le croit, comme on l'imprime, la cohue des courtisanes, mais la classe des déclassées... Il est séparé des honnêtes femmes par le scandale public, des courtisanes par l'argent. »
Notons en passant que l'expression demi-monde continue d'englober, en dépit de Dumas fils, le monde des courtisanes.
Notons aussi qu'un chercheur, Othon Guerlac (Les Citations françaises) a découvert que le terme demi- monde n'avait pas été créé par Dumas fils, mais qu'il était déjà usité avant lui, du moins en langue anglaise, puisqu'on lit dans le Journal de l'américain James Gallatin, à la date du 22 février 1823 : « Tonight, shrove Tuesday, our last supper, our last ball, my last time in the half-world... » (Ce soir, mardi gras, notre dernier souper, notre dernier bal, ma dernière soirée dans le demi-monde.)



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